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A travers le blog Un Art De Vivre, nous avons souhaité partager avec vous quelques trucs et astuces pour faire un jardin naturel, autrement dit "BIO". Plantation, observation, prévention, rotation des cultures...Nous allons vous faire découvrir les gestes durables pour un jardin naturel et responsable.

15 avr. 2011

Le cognassier

De l'ancienne Perse à l'Anatolie, le coing est cultivé depuis plus de 4 000 ans. Les anciens l'appelaient du joli nom de "Poire de Cydonie" en l'honneur de Cydon, ville de Crète où les Grecs en ont fait leurs délices, fourrés de miel. Savez-vous que la Pomme d'or offerte à Aphrodite par Pâris était en réalité un coing ? Le héros désignait ainsi la plus belle des déesses, en échange de la promesse qu’il pourrait épouser Hélène.
Pour choisir lors de l'achat

Le cognassier n’a pas été soumis à beaucoup de travaux d’amélioration ni d’hybridation. La sélection a contribué à la création de quelques cultivars qui offrent l’avantage d’une production fruitière plus avantageuse que l’espèce type.
  • "Champion", est une variété d’origine américaine obtenue en 1870 dans le Connecticut, mais parfaitement acclimatée chez nous. L’arbre de taille moyenne, très ramifié, productif et vigoureux, donne de gros fruits piriformes, jaune vif (jusqu’à 500 g), dont la chair tendre et juteuse, très aromatique, est parfaite pour les compotes et les confitures. Très rustique, il produit dès les premières années et se récolte de fin octobre à début novembre.
  • "Du Portugal" (Cydonia oblonga, Lusitanica), précoce et vigoureux, il peut atteindre 7 m de haut. Il porte des fleurs et des fleurs plus grosses et produit des fruits allongés et légèrement côtelés, de 8 à 15 cm de long, jaune foncé, couverts d’un duvet gris. Il doit être réservé aux régions méridionales car sa résistance au froid est assez moyenne. D’une saveur moins astringente et plus aromatisée que l’espèce type, c’est la variété idéale pour faire de la gelée et de la pâte de coing.
  • "Maliformis", à fruits presque sphériques de 5 à 6 cm de diamètre, il est très productif et mûrit même sous les climats froids, mais la qualité de ses fruits est assez quelconque.
  • "Géant de Vranja", (Monstrueux de Vranja ou Vranja) est une variété obtenue en 1898 dans la ville Serbe de Vranja. C’est un arbre puissant à port érigé, assez peu branchu, portant des feuilles pendantes sur de longues branches. Le fleurs rose clair apparaissent dès avril. Elles sont suivies par de très gros fruits (certains atteignent 1,5 kg), quasiment glabres, vert pâle puis jaune d’or, avec des marques brunes près du pédoncule. Très parfumés, ces coings se récoltent vers la mi-octobre.
Un petit arbre sans souci
Le cognassier est un petit arbre sans souci. Il s'adapte bien aux climats de la plupart de nos régions et résiste très bien au gel hivernal, même s'il est tout particulièrement adapté au Midi. Peu exigeant sur la nature du sol, il se plaira dans toute bonne terre de jardin qui ne se dessèche pas en été ; l'idéal sera un sol neutre ou légèrement acide, fertile et restant frais. Choisissez un endroit dégagé et abrité des vents froids. Arrosez en cas de sécheresse et veillez à conserver le sol propre dans un rayon de 50 cm autour du tronc. Contrairement aux autres fruitiers, la taille n'est pas indispensable pour obtenir de beaux fruits, ce qui simplifiera votre vie de jardinier. Il suffit de supprimer le bois mort et de tailler les branches inutiles ou mal placées. Chaque printemps, donnez-lui un peu d'engrais pour arbres fruitiers.
  • Hauteur adulte : de 4 à 6 m
  • Largeur adulte : de 2 à 3 m
  • Croissance annuelle : de 30 à 50 cm
  • Rusticité : - 25 °C
Plantation
De préférence durant la période d’arrêt végétatif (de fin octobre à mi-mars). Les sujets proposés à racines nues reprennent sans problème après un habillage (taille) des radicelles et un bon pralinage. Le sol doit être très soigneusement préparé avant la plantation et surtout débarrassé de toutes les mauvaises herbes. Un apport de poudre d’os comme engrais de fond est tout à fait conseillé.
Les racines ayant tendance à s’étaler, creusez un trou assez large. Le point de greffe doit se situer nettement au-dessus de la surface du sol.
Il est fortement déconseillé d’effectuer une taille des rameaux lors de la plantation.

Distance de plantationEntre 3 et 4 m pour les cognassiers à usage décoratif. Dans une haie, plantez tous les 2 à 2,50 m. Entre 4 et 7 m pour les arbres destinés à la production fruitière.
Sol
Profond, fertile, neutre ou légèrement acide, généreusement enrichi de matière organique pour conserver une bonne fraîcheur en été. Le cognassier préfère les sols silico-argileux, mais il s'adapte bien dans tous les terrains qui ne se dessèchent pas.
Contrairement à ce qui est souvent écrit, le cognassier supporte les terres légèrement calcaires (8 %), mais sa fructification y semble plus irrégulière. Attention, dans les sols très acides, les fruits sont moins parfumés.
ExpositionPlein soleil, à l’abri des vents forts.
Climat
Le climat méditerranéen est idéal. Celui de la Provence convient mieux que celui de la Côte d’Azur, car les vents chargés de sel ne sont pas toujours très bien appréciés.

TailleSupprimez le bois mort. Équilibrez les charpentières chez les jeunes sujets.
Les trois ou quatre premiers hivers, taillez pour établir une charpente de rameaux fructifères. Par la suite, intervenez seulement pour éliminer les pousses mal placées ou en surnombre.
En hiver, sur les cognassiers palissés, réduisez des deux tiers de leur longueur les pousses de l’année précédente. Coupez de préférence au-dessus d’un bouton à fruit (bien arrondi) qui se forme principalement à la base des jeunes rameaux. Éliminez les pousses en surnombre ou mal placées.
Veillez aussi à bien dégager le centre de la ramure et à éliminer les rejets au pied.
Soins particuliersApportez une fumure organique acide au moment de la plantation et un engrais pour arbres fruitiers chaque année au printemps. Paillez avec du compost ou du fumier bien décomposé en automne. Arrosez par temps sec. Maintenez bien le sol propre autour des cognassiers (dans un rayon de 50 cm autour du tronc) afin d’éviter la concurrence en eau avec la flore spontanée.
Récolte et conservationCueillez les coings le plus tard possible en automne car ils ne grossissent plus une fois séparés de l’arbre. Procédez avant la première gelée. Dans la plupart de régions, on attend que les fruits tombent d’eux-mêmes, mais cela les fragilise et réduit leur temps de conservation. La maturité des fruits a besoin d'un long été chaud et même bien mûr, le coing reste dur.
Les coings se conservent potentiellement durant deux ou trois mois dans un endroit sombre et frais. Mais il faut bien contrôler l’humidité (risques importants de pourriture) et bien les isoler de tous les autres fruits auxquels ils risquent de transmettre leur puissant arôme.
Ennemis et maladiesToutes les affections des pommiers et des poiriers sont potentiellement à même de se trouver sur le cognassier. La tavelure (Venturia inaequalis et Venturia pirina), provoque des taches noires sur les feuilles et les fruits, avec des crevasses profondes. L’entomosporiose du cognassier (Entomosporium maculatum) produit des taches brunes sur les feuilles avec des croûtes caractéristiques, ce qui provoque une chute prématurée du feuillage. Le monilia des jeunes coings (Monilia linhartiana) produit des taches de pourriture marron portant des pustules blanches concentriques. La sclérotiniose du cognassier (Sclerotinia cydoniae) fait brunir les feuilles qui portent des filaments grisâtres et détruit les fleurs ou momifie les fruits.

Des traitements fongicides préventifs à la bouillie bordelaise sont conseillés au moment du débourrement (éclatement des bourgeons) et de la chute des feuilles en automne. Il est bon d’accentuer la protection avec la pulvérisation d’un fongicide de synthèse au moment de l’ouverture des bouquets floraux, puis à la chute des pétales et lors de la formation des jeunes fruits.
Le dégâts des ravageurs comme les pucerons et les chenilles sont limités et nécessitent rarement un traitement.
Multiplication
Le marcottage par buttage sert à obtenir des sujets qui seront greffés en écusson en pied à œil dormant.
Les variétés à gros fruits sont écussonnées à œil dormant du 15 juillet au 15 août, sur des cognassiers francs de deux ans (obtenus par semis de pépins en automne, la levée s’effectuant au printemps) ou de l’aubépine (Crataegus laevigata). Il semble que l’emploi de l’aubépine comme porte-greffe confère un surcroît de fertilité au cognassier. Cela lui permet aussi de mieux s’adapter aux sols franchement calcaires. Les greffes en fente à la fin février donnent aussi de bons résultats, principalement sur aubépine. Poirier et sorbier des oiseleurs peuvent aussi servir de porte-greffe au cognassier, mais ils sont très rarement employés.
Pour les sujets destinés à l’ornement, vous pouvez effectuer des boutures herbacées en juin, semi-ligneuses de juillet à septembre ou ligneuses (à bois sec) d’octobre à décembre.

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