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A travers le blog Un Art De Vivre, nous avons souhaité partager avec vous quelques trucs et astuces pour faire un jardin naturel, autrement dit "BIO". Plantation, observation, prévention, rotation des cultures...Nous allons vous faire découvrir les gestes durables pour un jardin naturel et responsable.

24 nov. 2010

Rotations

Pour gagner de la place, profiter au mieux des ressources du sol et éviter certaines maladies, pratiquez la rotation des cultures et associez certaines plantes entre elles... 

Rotations, à quoi ça sert ?
Comment organiser le potager ? Ayez le réflexe rotation : un excellent moyen de profiter au mieux des ressources de votre jardin. Et de prévenir nombre de pépins de santé chez vos légumes préférés.

Février a vu les premiers semis de salades et de petits pois. Une partie du potager a reçu une bonne dose de compost. Et le voici prêt à accueillir carottes, persil, poireaux... avant le coup de feu du mois de mai qui verra la mise en place des tomates, courgettes, haricots...
Mais où installer ces différentes cultures ? Vous avez vaguement entendu dire qu’il ne fallait pas remettre le même légume au même endroit d’une année à l’autre ; que l’oignon ne supporte pas une terre trop fertilisée ; ou que le haricot n’aime pas suivre une culture de pomme de terre et ne peut précéder un semis de carotte. Là, perplexe, vous vous grattez la tête... : « Mais que suis-je allé(e) faire dans cette galère ? »

Rotation des cultures : pourquoi ?
On appelle rotation cet "art" de faire se succéder des cultures sur une même parcelle. Les raisons d'une telle pratique sont faciles à comprendre.
Valoriser les apports de compost. Certaines espèces (pomme de terre, courgette, potiron...) sont gourmandes ; d'autres (salades, navet, radis...) sont frugales ; d'autres encore (carotte, ail, oignon...) redoutent trop de fumure organique, avec pour conséquence possible des racines fourchues (carotte), des maladies (oignon)... ;
Utiliser au mieux les ressources du sol : une salade (légume feuille) n'a pas les même besoins nutritifs qu'une betterave rouge (légume racine) ou qu'une tomate (légume fruit). L'enracinement, plus ou moins profond, permet d'en explorer les différentes couches : jusqu'à un mètre pour les racines d'une carotte !
Limiter le développement des ravageurs et des maladies propres à chaque culture.
Prévenir la « fatigue » du sol, provoquée notamment par l'installation et la multiplication de ravageurs et de maladies vivant dans le sol : nématodes, champignons... Ce phénomène est régulièrement mis en évidence chez les maraîchers ne cultivant que trois ou quatre espèces, revenant trop souvent sur une même parcelle.

Les rotations en pratique
Incontour na ble, le plan du potager, dessiné sur un carnet. Les "planches" étant identifiées et numérotées, on notera chaque année la fertilisation apportée et la succession des cultures. C'est parti pour la rotation !

Premier principe
Prenez en compte les apports de matières organiques (compost mûr ou demi-mûr) :
  • première année : la planche où vous apportez du compost verra une culture gourmande (pomme de terre, tomate, poireau, chou...) ; c’est ce que les professionnels appellent la tête de rotation ;
  • les deuxième et troisième années, mettez en place des cultures moyennement exigeantes ou ne supportant que des composts très bien décomposés (betterave, carotte...) ;
  • ensuite, viendront les cultures frugales ou redoutant les excès de compost (ail, oignon, haricots...) ;
  • un nouveau cycle commence avec un nouvel apport de compost et une culture gourmande.
Un cycle peut durer de trois à cinq ans.

Deuxième principe
Evitez la succession, sur une même planche, du même légume ou de deux légumes de la même famille botanique.
Vous pouvez adopter un intervalle de trois ans (c’est un minimum), sauf pour les cultures suivantes, pour lesquelles il vaut mieux respecter un intervalle de cinq ans :

  • ail, oignon, échalote (risque de pourriture blanche) ;
  • chou pommé, chou-fleur, chou de Bruxelles (hernie du chou : tumeurs sur les racines) ;
  • laitue (sclérotinia : flétrissement de la plante) ;
  • carotte, betterave (rhyzoctone violet : taches violacées sur les racines, pourriture).
Troisième principe
Faites intervenir tour à tour dans les rotations des légumes cultivés pour la production de feuilles (laitues, chicorées, chou, épinard...), de bulbes (ail, oignon, échalote...), de racines (betterave, carotte, navet, panais...), de fruits (aubergine, tomate, courgette, melon...).

À savoir
Plus longue est la rotation, meilleurs sont les résultats.
Évitez de laisser les résidus de la précédente culture et ne les enfouissez jamais sur place, sous peine de favoriser nématodes, champignons... Profitez-en plutôt pour enrichir votre compost.
Compléments indispensables à une bonne pratique des rotations :
  • plantez des tagètes ou des œillets d’Inde dont les racines émettent des substances détruisant les nématodes
  • un engrais vert (graminée + légumineuse ; exemple : seigle + vesce) a un effet stimulant sur la microfaune du sol, renforçant leur action contre les organismes pathogènes
  • aménagez l’environnement du potager pour attirer les insectes auxiliaires (fleurs annuelles et vivaces

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