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A travers le blog Un Art De Vivre, nous avons souhaité partager avec vous quelques trucs et astuces pour faire un jardin naturel, autrement dit "BIO". Plantation, observation, prévention, rotation des cultures...Nous allons vous faire découvrir les gestes durables pour un jardin naturel et responsable.

15 nov. 2010

Les insectes auxiliaires

Un certain nombre d’insectes sont les amis du jardinier. Ce sont des “auxiliaires”, qui aideront à réguler les populations de ravageurs et polliniseront vos fleurs et légumes. Et tout ça, gratuitement et écologiquement ! Voici une sélection d’insectes intéressants, et quelques conseils pour les accueillir dans votre jardin.

La chrysope
Toute frêle et habillée d'une belle robe vert vif qui vire au rose ou au brun à l'automne quand elle cherche à se réfugier dans les bâtiments pour passer l'hiver, la chrysope mérite bien son nom populaire de demoiselle aux yeux d'or. Mais les entomologistes du XVIIIe siècle l'avait surnommée à juste titre le "lion des pucerons" : à la belle saison, la larve et l'adulte en dévorent des centaines pour se nourrir. Pas étonnant que la chrysope soit élevée en masse et vendue pour protéger les cultures sous serre.
Respectez le sommeil hivernal des chrysopes réfugiées dans les bâtiments non chauffés et ouvrez porte ou fenêtre à la fin de l'hiver pour leur permettre de ressortir. Transférez celles qui se sont égarées dans une pièce chauffée vers un endroit non chauffé, sinon elles épuiseront trop tôt leurs réserves. Vous pouvez aussi leur installer des abris. Elles sont très fragiles : les saisir entre les doigts peut les écraser. Prenez un pinceau, mouillez-le de salive et posez-le sur le dos de l'insecte. Il restera collé et vous pourrez le mettre dans une boîte sans dommage.

L'osmie
Un insecte replet et poilu, à l'abdomen roux vif, passe et repasse au printemps devant la fenêtre pour s'introduire dans le trou d'évacuation de l'eau ? Pas de doute, une osmie en manque de logement a décidé de squatter l'endroit. Cette abeille solitaire apparaît au début du printemps. Elle butine avec assiduité les premières fleurs du jardin, notamment celles des arbres fruitiers, pour se nourrir et pour fabriquer la pâtée de pollen et de nectar qui nourrira ses larves. Ce faisant, elle assure une bonne pollinisation.
Dans la nature, elle installe ses cellules dans les trous d'émergence des insectes mangeant le bois mort. Dans les jardins modernes, elle dispose d'une abondante nourriture mais souffre cruellement d'une pénurie chronique de logement, d'où son intérêt pour le trou des fenêtres. Offrez-lui un bloc de bois dur et non traité, percé de quelques trous de 8 mm de diamètre, ou bien une botte de tiges creuses d'un diamètre équivalent. Votre nichoir sera aussitôt occupé.

Les pemphrédons
Taille de guêpe réglementaire, tête massive et carrée, le petit moucheron noir qui s'active en remuant des antennes sur la tige de fève est en fait un pemphrédon. Une demi-douzaine d'espèces fréquente les jardins. Les femelles aménagent leurs cellules dans des endroits variés : tiges pleines de moelle tendre ou creuses, bois pourri et friable, galles. Elles accumulent des pucerons et parfois des cicadelles paralysés pour nourrir leurs larves, à raison de 30 à 40 individus par cellule. Ces gros consommateurs de pucerons sont ainsi une aide précieuse pour les jardiniers naturels.
Une haie libre champêtre, du bois mort laissé à pourrir dans un coin, des arbustes à moelle (ronce, rosier, sureau...) taillés, des fleurs de carotte et autres ombellifères offrent nourriture et logement aux pemphrédons. Dans un jardin trop propre, ou très grand, des bottes de tiges à moelle fixées horizontalement et verticalement sur de petits piquets, réparties dans les parterres, permet de les fixer à proximité immédiate des cultures à protéger.

Le carabe
Au verger, tout comme dans le jardin potager, on aime beaucoup les carabes. Et pour cause ! Ces insectes carnassiers sont capables de trouver et de dévorer les larves du balanin des noisettes, enfouies dans le sol. Ils mangent aussi pas mal de chenilles du carpocapse des pommes et des poires quand elles descendent dans le tapis herbacé pour leur nymphose. Aussi, pour favoriser les carabes, conservez les vieilles souches sous lesquelles ils aiment hiberner. Vous pouvez même placer une souche un peu pourrie, partiellement enterrée, dans un coin du jardin. Elle intéressera de nombreux locataires !

La coccinelle
"Cherche jardinier sympa offrant le gîte et le couvert. Propose en échange coup de main pour débarrasser son jardin des pucerons et autres suceurs de sève".  Figure emblématique du jardinage bio, la coccinelle ne demande qu'à vous rendre service pourvu que vous la chouchoutiez. Qu'elle ait deux, sept ou quatorze points - sa famille est nombreuse ! -, la coccinelle raffole des pucerons. Larves et adultes sont d'ailleurs tout autant efficaces. Les larves de la coccinelle  rouge à 7 points, par exemple, consomment environ 600 pucerons tout au long de leur croissance !
Deux à quatre générations se développent tout au long de l'année, selon les espèces et selon les régions. Les coccinelles adultes se mettent dès l'été en vie ralentie, hibernent à côté des cultures, ou trouvent refuge dans les habitations, dans des fissures autour des fenêtres ou des murs. Pour favoriser leur présence, cultivez une parcelle d'orties qui offrira gîte et couvert, installez des plantes pérennes qui leur serviront d'abri et laissez sur place débris de plantes, tiges creuses, amas de feuilles...

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