Bienvenue

A travers le blog Un Art De Vivre, nous avons souhaité partager avec vous quelques trucs et astuces pour faire un jardin naturel, autrement dit "BIO". Plantation, observation, prévention, rotation des cultures...Nous allons vous faire découvrir les gestes durables pour un jardin naturel et responsable.

28 nov. 2010

Les fleurs sobres

Même au jardin d’ornement, il faut composer avec la nature, pour se rapprocher de l’écosystème naturel, par définition le moins exigeant en arrosage puisqu’il se contente des apports d’eau naturels. Là où l’eau manque, mettons des plantes sobres !

Les plantes fleurissant au printemps sont par nature économes en arrosage : elles se contentent des précipitations printanières, qui font rarement défaut quelle que soit la région. Durant la sécheresse estivale, elles se mettent en vie ralentie ou disparaissent de la vue. Tulipes, jacinthes, narcisses, pâquerettes, giroflées, doronics, violettes, primevères, pavots d’Orient et myosotis en sont des exemples bien connus.

En ce qui concerne les floraisons estivales, il faut rechercher – en dehors de régions où les étés sont bien arrosés – des plantes vivaces originaires de milieux naturellement secs comme la zone méditerranéenne (ex. : échinops), les milieux rocailleux (ex. : centranthe, œillets, sédums) ou le littoral (ex. : gazon d’Olympe).

Fleurs sobres
  • Fleurs annuelles et bisannuelles à semer en place : rose trémière, muflier,Dimorphoteca aurantiaca, pavot de Californie, gaillarde, thlaspi blanc, kochia, belle-de-nuit, nigelle de Damas, rose d’Inde.
  • Plantes vivaces : Acaena, achillées, agaves, aloès, anaphales, anthemis,Arctanthemum, gazon d’Olympe, herbe-à-la-ouate, armoises, œil-du-Christ (Aster amellus), Aster ericoides, aubriète (Aubrietia), Ballota, Beschorneria, Calamintha, campanules, Centranthus, Cereus, cirses, cistes, coréopsis, Dendranthema, œillets(Dianthus), Dorycnium, Echeveria, Echinocactus, chardon bleu (Echinops), bruyère vagabonde (Erica vagans), érigerons, Erodium, Eryngium, Erysimum, euphorbes,Gaillardia lanceolata, Halimium, hélianthèmes, corbeille d’argent, iris (Iris germanica), verge-d’or (Solidago virga aurea), Lampranthus, lantanas, lavandes, lavatères, Mesembryanthemum, Marrubium, Opuntia, phlomis, Prunella, rue, sauges, santoline, saponaires, sédums, séneçons (Senecio), filipendule (Spirea filipendula), épiaires (Stachys), tanaisie, Thermopsis, thyms, molène (Verbascum), verveines, véroniques, yucca.
  • Graminées : fétuques, Helictotrichon, Melica, stipes, zoysia.
  • Bulbeuses : la plupart des espèces.
Fleurs exigeantes en eau
Beaucoup de fleurs annuelles (ricin, tabac…) et, parmi les vivaces : canna, chrysanthèmes, dahlia, Delphinium (pied-d’alouette), Dicentra formosa (cœur-de-Jeannette), marguerite, lupin, phlox, potentille, Tritoma

27 nov. 2010

Créer un prairie fleurie

Soyons réalistes, l’évolution climatique renvoie le gazon à la catégorie “culture de luxe” ! Dans les régions du Sud, même arrosé, il vire au paillasson dès juin. Inutile de s’entêter, il faut le changer en prairie fleurie…

Une prairie durable va s’appuyer sur la flore locale et sur des plantes sauvages adaptées au climat et au terrain. On les implante et on les aide à se ressemer, pour qu’elles acquièrent une autonomie qui libère de tout entretien et de tout arrosage. Tous les travaux s’effectuent à l’automne, afin que les plantes se développent avant les premières chaleurs. 

Une prairie fleurie sur un sol vierge
En choisissant judicieusement les graines, on va semer une prairie et améliorer le sol en même temps.
  • Dans un premier temps, il faut observer ce qui pousse dans les prés voisins pour avoir une première orientation. Puis on complète avec des espèces botaniques de même milieu. En sol humide, achillée, eupatoire, reine-des-prés, succise, lychnis, digitale, coucou, verge d’or, asters, géranium, sauge des prés, benoîte, sanguisorbe, marguerite, ancolie, pâquerette, onagre… En sol sec, aigremoine, centaurée, millepertuis, achillée, silène, pimprenelle, matricaire, seneçon, jacobée, coquelicot, bouillon blanc, carotte, origan, alysson blanc, vipérine, fenouil… 
  • À cette base de graines, il faut ajouter des graminées – houlque laineuse, fétuques, folle avoine – et le petit plus qui va améliorer la texture du terrain et nourrir leurs compagnes : les légumineuses. Sainfoin, lotier, mélilot pour sol plutôt sec et trèfle incarnat, lupins, minette et vesces en sol frais ou argileux.
  • Pour composer le mélange, comptez 70 % de fleurs, 20 % de légumineuses et 10 % de graminées.
  • Semez à l'automne, sur sol meuble, égalisé à la griffe. Un deuxième passage de griffe puis de rouleau à gazon collera les graines au sol. Les plantes germeront petit à petit au cours de l’hiver, jusqu’au printemps.  
Ancien gazon ? Inutile de le retourner
  • Dans un ancien gazon, on va profiter des endroits “pelés”, des emplacements de taupinières, pour y implanter des fleurs sauvages, qui coloniseront petit à petit toute la surface libre. Quant au gazon, ni tondu, ni fertilisé, il redeviendra herbe !
  • Utilisez les mêmes mélanges que pour le semis direct mais sans les graminées, en commençant par gratter le sol à la griffe pour le décompacter. Ensuite, semez clair et enterrez la graine au râteau.
  • Le mélange peut être complété par des plantations de bulbes : perce-neige, scilles, jonquilles en terres fraîches ; alliums, tulipes botaniques, glaïeul de Byzance pour les sols secs. 
Entretien : service minimum !
Ce qui est formidable avec les prairies fleuries, c’est qu’on en profite tout le printemps ! Le fauchage s’effectue tard, au cours de l’été, car il faut que les plantes aient eu le temps de grainer pour se ressemer.
  • Dans les sols riches qui produisent beaucoup, il vaut mieux ramasser cette herbe, qui servira de paillis pour les haies.
  • Dans le cas de prairies sèches où il y a peu d’herbe, le fauchage annuel n’est pas obligatoire. Il suffit d’un, tous les deux ans, pour éviter le développement d’arbustes ou arbres qui refermeraient le milieu.
  • Dans tous les cas, on peut tracer des chemins à la tondeuse pour aller profiter de petits coins secrets cachés dans la prairie. 

26 nov. 2010

Associations suite

Associations arbres, fleurs et arbustes
Le compagnonnage des fleurs fonctionne aussi avec les arbustes et les arbres. Elles attireront notamment un certain nombre d’auxiliaires qui défendront vos arbres fruitiers ou d’ornement des ravageurs !

En bordure de potager, une petite haie d'arbustes (servant à la nidification des oiseaux et de refuge pour les auxiliaires) peut être complétée d'un tapis de vivaces, afin de maintenir un sol meuble, aéré, où les vers de terre travaillent mieux, et à l'activité bactérienne intense... des conditions très favorables à la croissance des arbustes. En été, leur couvert limitera les déperditions en eau.
  • Certaines plantes comme lamier, coucou, ajuga, géranium vivace, épimedium, menthe, véronique, violettes, servent aussi à nourrir les auxiliaires. Carabes, musaraignes ou hérissons y viennent volontiers.
  • Associées aux arbustes, des bisannuelles comme les onagres, chardons, carottes, alysson, barbarées, travaillent le sol de leurs grosses racines à la place du jardinier, sans dégâts pour les racines des arbres, puisqu'elles épousent leur forme.
Les arbres fruitiers apprécient aussi un compagnonnage fleuri.

  • Les aromatiques vivaces comme l'origan, l'achillée, la tanaisie, les armoises, la santoline, tous les allium, perturbent les insectes nuisibles aux fruitiers.
  • Vous pouvez aussi repiquer des annuelles qui fourniront du nectar aux prédateurs des chenilles : par exemple, souci, centaurée, bourrache, sarrasin, phacélie, trèfle incarnat, pour un verger fleuri et en bonne santé !
Associations : ce qui marche et ne marche pas
Associer les cultures pour mieux occuper l’espace, récolter plus dans un espace restreint, désorienter les prédateurs… Le sujet est complexe, et certaines associations marchent mieux que d'autres.

La trilogie maïs-haricots-courges
La trilogie maïs, haricots et courges est l'une des associations les plus connues. Elle est tout d'abord intéressante en terme d'utilisation de l'espace : le maïs s'élance vers le ciel et sert de tuteur au haricot, alors que les courges servent de couvre-sol productif. D'autre part, les trois sont complémentaires dans leurs besoins alimentaires : le haricot est frugal, alors que les courges et le maïs, gourmands, profitent de la capacité du haricot à fixer l'azote de l'air dans le sol. Enfin, ces végétaux ont tous trois des besoins en eau élevés.

L'association tournesol-concombre-haricots nain reprend les principes de la trilogie maïs-haricots-courges. Il faut aider le concombre à grimper sur le tournesol en l'y attachant à intervalles réguliers.

Associer fèves, pois et pois chiches
L'association des légumineuses (fèves-pois-pois chiches) fonctionne également, même si elle présente un inconvénient pour ceux qui pratiquent les binages et sarclages selon le calendrier lunaire : si ce travail du sol est fait un jour "feuille", qui favorise les choux, ou un jour "fruit" pour donner une impulsion aux graines des fabacées, l'une des cultures se trouve lésée.

Légumes et fleurs
Les choux apprécient la compagnie des cosmos ou astéracées. Ces dernières perturbent les piérides, ces papillons blancs dont les chenilles dévorent les choux. Concurrencés par les autres papillons attirés par les fleurs, les piérides se font moins nombreuses ; étant blanches, elles sont également plus facilement repérables, ce qui laisse le temps d'intervenir avant que l'infestation ne soit étendue à plusieurs plants. Il suffit de ramasser les chenilles à la main et de les brûler, voire d'arracher le chou. 

Tomates et œillets d'Inde (ou tagète minuta) : l'une des associations les plus efficaces. Les racines des œillets sont réellement efficaces contre les nématodes, de microscopiques vers blancs qui s'attaquent aux racines des tomates.

25 nov. 2010

Associations

Associations : le potager fleuri !
Le potager fleuri voit légumes et fleurs se côtoyer dans un joyeux désordre. C’est une autre façon de jardiner, où les plantes se protègent entre elles, améliorent les sols et attirent les insectes auxiliaires.

Repousser les ravageurs
Le mélange fleurs/légumes complique l'existence des insectes envahisseurs car les fleurs brouillent leur sens du repérage (odeurs, textures, hauteur des plantes).
Usez et abusez des aromatiques, la plus "redoutable" étant la sauge sclarée, au parfum de camphre poivré ; autres possibilités : l'armoise annuelle et des basilics aux arômes variés.
Plantez des œillets d'Inde, des roses, de la tanaisie.
La capucine et l'armoise blanche sont de véritables pièges à pucerons :elles s'y agglutinent, laissant tranquilles les autres plantes. Ne reste qu'à les cueillir ou à laisser les coccinelles s'en délecter !

Attirer les insectes auxiliaires
Pour bénéficier des services des insectes auxiliaires - syrphes, punaises prédatrices, coccinelles, chrysopes, petites guêpes -, qui luttent contre les insectes nuisibles, il faut pourvoir à leur gîte et à leur couvert.
Les ombellifères et les composées sont les familles de plantes qui attirent la plus grande diversité d'insectes : on a observé jusqu'à 52 espèces d'auxiliaires différents, en quelques jours, sur une inflorescence de fenouil ! Semez entre les légumes aneth, coriandre et cerfeuil, complétés par des légumes que vous laisserez grainer, comme le panais, la carotte ou le poireau.

En hiver, au lieu de faire place nette, gardez des tiges sèches en place, qui serviront d'abris, ou coupez-les en tronçons que vous laisserez en bottes sur le sol.

Favoriser la pollinisation
Pour fructifier, les légumes ont besoin de l'intervention des pollinisateurs, abeilles, bourdons et tous ceux qui se nourrissent de pollen et de nectar. Afin de les fidéliser au jardin, il ne faut pas ménager les floraisons.
  • Favorisez les floraisons hâtives comme le pissenlit, le doronic ou la pulmonaire.
  • Pour ne pas monopoliser trop de place dans le potager, vous pouvez installer des vivaces en bordures : achillées, anthémis, asters, eupatoire, gaillarde, helenium, rudbeckia, sauges, vipérine...
  • Semez aussi, entre les légumes, quelques rangs d'annuelles mellifères qui attirent les abeilles : sarrasin, belle-de-jour, bourrache, cosmos, echium, souci, sauge hormine, centaurée.
Fleurs pare-soleil
L'évolution du climat nous confronte de plus en plus souvent aux brûlures du soleil sur les concombres, tomates, bettes, melons... Les fleurs annuelles les plus légères font office de parasol, sans gêner la croissance des légumes.
  • La meilleure fleur "pare-soleil" est le cosmos sulfureux, qui progresse à la même vitesse que les principaux légumes d'été.
  • On peut choisir aussi l'aneth, l'amarante, le coréopsis tinctoria, le tournesol à petites fleurs, la lavatère. Autre solution, faire grimper des ipomées sur un treillage.
  • Attention aux faux amis comme le tournesol géant, le maïs ou le tabac qui risquent de s'approprier toute l'eau !
Améliorer les sols
Quand on pense "engrais verts", ces plantations qui enrichissent le sol, on ne pense pas forcément à leurs fleurs. Pourtant, la plupart d'entre eux font double usage, pour le plus grand plaisir des yeux et des insectes, car ce sont aussi des mellifères (ils attirent les abeilles).
  • Moutarde, phacélie, sarrasin sont parmi les plus connus des engrais verts.
  • Soucis et tagètes désinfectent le sol.
  • Onagre et lin décompactent le sol grâce à leurs racines.
  • Les légumineuses, qui produisant de l'azote, enrichissent les sols tout en offrant une ravissante floraison. Plantes conseillées : gesse, vesce, trèfle incarnat, lotier, mélilot et lupin. 
Votre potager est tout ce qu’il y a de plus classique ? Des rangs de poireaux alternent avec les plants de pommes de terre, et toutes les fleurs sont reléguées vers la cabane ? Cette année, changez pour un potager fleuri !

  • En fin d'hiver (mars) : semez quelques rangées d'engrais verts, en alternant ceux à croissance rapide - phacélie, moutarde - et ceux qui resteront en place plus longtemps, comme sainfoin ou vesce. Ils serviront de "jachère fleurie" dans la rotation des cultures : l'emplacement sera au repos et ne fournira pas de légumes, mais enrichira le sol grâce à l'azote produit par les plantes, qui nourriront aussi les insectes !
  • Fin mars : mettez en place vivaces et bisannuelles dans les bordures fleuries, en laissant des emplacements libres pour les annuelles : zinnia, cosmos, lavatères...
  • Début avril : semez en place des annuelles qui ne craignent pas le gel (centaurée, coquelicot, souci, sauge hormine), en rangs ici et là, ou en bordures.
  • Mai : mettez en place des plantes plus fragiles, élevées sous châssis froid, et que vous repiquerez directement entre les légumes : œillets d'Inde, cosmos, basilics, capucine...
  • Juin : lors des désherbages, conservez les fleurs spontanées si elles ne gênent pas la croissance des légumes. Exemples : l'aneth et le cosmos sulfureux, qui se ressèment seuls.
  • A l'automne : laissez en place un maximum de plantes. Elles fourniront des graines pour les oiseaux et des abris aux insectes. Le nettoyage se fera en fin d'hiver, juste avant de semer les engrais verts.
Surtout, ne vous laissez pas stresser par la technique. L'important, c'est la biodiversité ! Au fil des ans, vous affinerez les mélanges. Entretenir un potager aux mille fleurs devient un plaisir, on se prend à observer les amitiés végétales, le ballet des insectes...

24 nov. 2010

Rotations

Pour gagner de la place, profiter au mieux des ressources du sol et éviter certaines maladies, pratiquez la rotation des cultures et associez certaines plantes entre elles... 

Rotations, à quoi ça sert ?
Comment organiser le potager ? Ayez le réflexe rotation : un excellent moyen de profiter au mieux des ressources de votre jardin. Et de prévenir nombre de pépins de santé chez vos légumes préférés.

Février a vu les premiers semis de salades et de petits pois. Une partie du potager a reçu une bonne dose de compost. Et le voici prêt à accueillir carottes, persil, poireaux... avant le coup de feu du mois de mai qui verra la mise en place des tomates, courgettes, haricots...
Mais où installer ces différentes cultures ? Vous avez vaguement entendu dire qu’il ne fallait pas remettre le même légume au même endroit d’une année à l’autre ; que l’oignon ne supporte pas une terre trop fertilisée ; ou que le haricot n’aime pas suivre une culture de pomme de terre et ne peut précéder un semis de carotte. Là, perplexe, vous vous grattez la tête... : « Mais que suis-je allé(e) faire dans cette galère ? »

Rotation des cultures : pourquoi ?
On appelle rotation cet "art" de faire se succéder des cultures sur une même parcelle. Les raisons d'une telle pratique sont faciles à comprendre.
Valoriser les apports de compost. Certaines espèces (pomme de terre, courgette, potiron...) sont gourmandes ; d'autres (salades, navet, radis...) sont frugales ; d'autres encore (carotte, ail, oignon...) redoutent trop de fumure organique, avec pour conséquence possible des racines fourchues (carotte), des maladies (oignon)... ;
Utiliser au mieux les ressources du sol : une salade (légume feuille) n'a pas les même besoins nutritifs qu'une betterave rouge (légume racine) ou qu'une tomate (légume fruit). L'enracinement, plus ou moins profond, permet d'en explorer les différentes couches : jusqu'à un mètre pour les racines d'une carotte !
Limiter le développement des ravageurs et des maladies propres à chaque culture.
Prévenir la « fatigue » du sol, provoquée notamment par l'installation et la multiplication de ravageurs et de maladies vivant dans le sol : nématodes, champignons... Ce phénomène est régulièrement mis en évidence chez les maraîchers ne cultivant que trois ou quatre espèces, revenant trop souvent sur une même parcelle.

Les rotations en pratique
Incontour na ble, le plan du potager, dessiné sur un carnet. Les "planches" étant identifiées et numérotées, on notera chaque année la fertilisation apportée et la succession des cultures. C'est parti pour la rotation !

Premier principe
Prenez en compte les apports de matières organiques (compost mûr ou demi-mûr) :
  • première année : la planche où vous apportez du compost verra une culture gourmande (pomme de terre, tomate, poireau, chou...) ; c’est ce que les professionnels appellent la tête de rotation ;
  • les deuxième et troisième années, mettez en place des cultures moyennement exigeantes ou ne supportant que des composts très bien décomposés (betterave, carotte...) ;
  • ensuite, viendront les cultures frugales ou redoutant les excès de compost (ail, oignon, haricots...) ;
  • un nouveau cycle commence avec un nouvel apport de compost et une culture gourmande.
Un cycle peut durer de trois à cinq ans.

Deuxième principe
Evitez la succession, sur une même planche, du même légume ou de deux légumes de la même famille botanique.
Vous pouvez adopter un intervalle de trois ans (c’est un minimum), sauf pour les cultures suivantes, pour lesquelles il vaut mieux respecter un intervalle de cinq ans :

  • ail, oignon, échalote (risque de pourriture blanche) ;
  • chou pommé, chou-fleur, chou de Bruxelles (hernie du chou : tumeurs sur les racines) ;
  • laitue (sclérotinia : flétrissement de la plante) ;
  • carotte, betterave (rhyzoctone violet : taches violacées sur les racines, pourriture).
Troisième principe
Faites intervenir tour à tour dans les rotations des légumes cultivés pour la production de feuilles (laitues, chicorées, chou, épinard...), de bulbes (ail, oignon, échalote...), de racines (betterave, carotte, navet, panais...), de fruits (aubergine, tomate, courgette, melon...).

À savoir
Plus longue est la rotation, meilleurs sont les résultats.
Évitez de laisser les résidus de la précédente culture et ne les enfouissez jamais sur place, sous peine de favoriser nématodes, champignons... Profitez-en plutôt pour enrichir votre compost.
Compléments indispensables à une bonne pratique des rotations :
  • plantez des tagètes ou des œillets d’Inde dont les racines émettent des substances détruisant les nématodes
  • un engrais vert (graminée + légumineuse ; exemple : seigle + vesce) a un effet stimulant sur la microfaune du sol, renforçant leur action contre les organismes pathogènes
  • aménagez l’environnement du potager pour attirer les insectes auxiliaires (fleurs annuelles et vivaces

23 nov. 2010

Engrais verts

Les engrais verts sont tout simplement des plantes aux vertus miracle : elles permettent de conserver la richesse du sol, tout en le protégeant des plantes indésirables. Mode d’emploi.

Véritables pompes à nitrates, à potasse, soufre et autres sels minéraux solubles, les engrais verts sont des coffres-forts qui stockent ces précieux nutriments des plantes et les mettent à l’abri du lessivage, notamment en automne et en hiver. Au passage, ils couvrent et protègent la terre, en interdisent l’accès aux plantes indésirables, luttent contre l’érosion et se transforment après leur coupe en humus jeune très structurant. Des avantages qui valent bien un effort pour y penser !

Au printemps, avant les cultures d’été
Les engrais verts sont parfaits pour occuper la terre avant les cultures mises en place à partir de mi-mai, surtout celles qui s’étalent comme potiron, courgette, melon, concombre, ou même entre les rangs de tomates, poivrons et aubergines. Semez-les dès la fin mars ou en avril selon le climat.

Quand vous semez votre engrais vert, au printemps, réservez un petit emplacement (par exemple un cercle de 50 cm pour une courge), dans lequel vous pourrez implanter courant mai la culture d’été (dessin 1). Quand les légumes commencent à s’étaler, vers fin mai, coupez l’engrais vert à la faucille, et paillez la terre (dessin 2).

Engrais verts de printemps : moutarde, féverole, vesce en fin d’hiver, sarrasin, phacélie dès que la terre se réchauffe.

En fin d’été-automne, avant l’hiver
Dès qu’une culture se termine et qu’aucune autre n’est prévue après, semez un engrais vert pour occuper la terre et éviter qu’elle ne s’abîme (dessin n°3, paillage entre les rangs de poireaux et de choux). N’hésitez et n’attendez pas, même s’il n’y a qu’un mètre carré. Sitôt la récolte de légumes terminée, coupez toutes les tiges et les feuilles, laissez les racines en place, surtout celles des haricots chargées de nodosités remplies d’azote. Passez le croc sommairement, nivelez au mieux et semez l’engrais vert assez densément.

Pensez aux rotations
Amateurs de choux, navets, radis et autres brassicacées (crucifères), évitez de semer de la moutarde, du colza ou de la navette, engrais verts de la même famille botanique, et possédant des maladies et des ravageurs en commun. De même, évitez la vesce avant une culture de haricot et pois, ou encore d’oignon, ail, échalote qui n’apprécient pas l’azote.

22 nov. 2010

Aider les oiseaux à passer l'hiver

Froid, neige, pluies… que pouvez-vous faire au jardin pour les oiseaux lorsque l'hiver est rigoureux ? Laisser de la végétation en place et bien choisir vos graines et boules de graisse. Et préparer les nichoirs pour le printemps !

En hiver, à la “mauvaise” saison, on a l'habitude de faire un grand nettoyage du jardin. Il faut faire place nette ! C'est pourtant dommage de tout couper, car de nombreuses plantes, en particulier d'ornement, conservent des graines qui feront le bonheur des oiseaux en hiver : onagre, fenouil, centaurées, chardons d'ornement, helianthus, rudbeckias...

Que mettre dans la mangeoire ?
Mais comme de nombreux jardins n'offrent plus ces ressources naturelles aux oiseaux, il est bon également d'apporter une nourriture d'appoint aux oiseaux en hiver. La LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) propose sur son site des conseils basés sur la connaissance des oiseaux et de leurs besoins. Nicolas Macaire, qui s’occupe des refuges LPO, conseille de continuer à leur fournir de la nourriture lorsque l’on a commencé, mais pas au-delà de fin mars où ils changent de régime alimentaire : « Ne donnez jamais d’aliments salés, de lait ou d’aliments cuits. Les aliments les plus appréciés sont les graines de tournesol, les boules de graisse végétale et les mélanges de graines. Il faut nettoyer régulièrement les mangeoires à plateau que les oiseaux salissent avec leurs déjections et qui peuvent transmettre des maladies. »
Mais quid de la qualité des aliments vendus en animalerie ou dans les rayons spécialisés des grandes surfaces ? Résidus de pesticides dans les graines, huile de palme hydrogénée provenant de plantations issues de la déforestation de forêts tropicales, OGM… : en croyant bien faire, ne risque-t-on pas de fragiliser un peu plus les oiseaux ? La question préoccupe certains spécialistes, comme le vétérinaire Alain Moussu : « Il faudrait leur donner des graines de tournesol de culture bio. La LPO et certains magasins bio commencent d’ailleurs à en diffuser. Les graisses animales (beurre, saindoux…) sont à éviter, sauf pour les oiseaux omnivores (grives ou merles), pour les mêmes raisons que pour nous : elles sont à  l’origine de problèmes cardiovasculaires. » Il faut donc lire attentivement les étiquettes précisant la composition des boules de graisse du commerce. Quant aux OGM, le principal risque concerne pour le moment le maïs concassé, pour lequel il faudrait disposer de garanties d’absence d’OGM, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Nettoyez les nichoirs à oiseaux
Pensez également à nettoyer les nichoirs installés en bordure du potager pour les mésanges ou les rouges-gorges qui consomment quantité de chenilles, de pucerons ou de larves d'insectes du sol. Au bout d'une saison de nidification, les nids sont souillés par des fientes, des poux, des larves d'insectes, parfois des oisillons morts, et les oiseaux éviteront de s'y réinstaller l'année suivante. L'idéal est de le faire à l'automne, pour les remettre en place dès le mois de janvier – et même plus tôt en guise d'abri contre le froid rigoureux.
Enlevez tout le contenu du nichoir. Grattez et nettoyez l'intérieur avec une spatule, laissez éventuellement quelques cocons d'araignées, sans danger pour les oiseaux. Portez tous ces débris sur le tas de compost. Profitez de l'occasion pour consolider le nid, changer les vis rouillées, revoir l'étanchéité du toit… Si le nichoir est trop abîmé pour servir à nouveau, laissez-le tel quel avec tous ses hôtes minuscules et raccrochez-le à un arbre.

21 nov. 2010

Créer une mare

Pour attirer la vie sauvage dans votre jardin, agrémentez-le d’une petite mare ! Construisez-la entre mars et septembre, pour que les plantes et les animaux aient le temps de s’y établir avant l’hiver.

Biodiversité autour de la mare
Au lieu de faire un bassin stérile, pourquoi ne pas créer une mare ? La biodiversité a tout à y gagner. Car, de manière générale, les zones humides sont en voie de disparition. Or elles abritent quantité d'espèces animales et végétales protégées par la loi : grenouilles, crapauds, tritons, libellules, notonectes, sans compter les chauves-souris et les oiseaux qui viennent manger des insectes, boire et parfois se baigner.
Même une toute petite mare est utile !
Installez-la de préférence dans un endroit sec et plat, loin de tout axe routier, pour éviter que les batraciens ne se fassent écraser.
L'endroit doit être ombragé l'été, entre 12 et 16 heures, mais sans être pour autant entouré d'arbres : l'abondance de feuilles pourrait entraîner l'eutrophisation du plan d'eau, c'est-à-dire l'appauvrissement en oxygène de l'eau, dû à l'accumulation de déchets organiques.
Pour les plantes qui agrémenteront la mare, on peut éventuellement prélever dans la zone humide la plus proche quelques spécimens de végétation aquatique : joncs, massette, iris, menthe... (attention à faire de petits prélèvements !).

Derniers conseils : ne pas mettre de terre au fond, ni introduire de poissons, qui sont nuisibles aux populations de batraciens. La mare, c'est tout un art...

Comment créer une mare ?
A titre indicatif, comptez un budget de 1 500 € environ pour une mare de 10 x 7,50 m.
  • Tracez au sol un contour non géométrique des berges, pour une plus grande lisière possible favorisant la biodiversité.
  • Prélevez 10 cm d'épaisseur d'herbe et déposez-les sur le côté.
  • Décapez l'ensemble sur 40 cm, puis creusez d'un côté des marches de 40 x 40 cm, jusqu'à une profondeur de 1,20 m qui restera hors gel l'hiver.
  • De l'autre côté, faites des marches de 20 cm de haut, allongées sur 80 cm pour une pente douce.
  • Enlevez toute aspérité (racines, pierres), et recouvrez de 5 cm de sable un peu mouillé.
  • Etalez une toile géotextile, pour éviter la remontée des racines, puis une bâche en caoutchouc EPDM de 1,14 mm d'épaisseur, pour assurer l'étanchéité. Prévoyez la dimension de la mare,  plus sa profondeur et 30 cm de chaque côté. Fixez-les aux rives.
  • Mettez de la terre sur la première marche et, éventuellement, des plantes aquatiques.
  • Remettez la couche d'herbe sur le bord pour cacher la bâche et décorez les rives avec sable, gravier, pierres...
  • Mettez en eau.

20 nov. 2010

Créer une haie

A l'heure où l'on prône enfin dans les instances officielles le retour des "corridors biologiques", ces zones de végétation qui permettent aux espèces sauvages de circuler entre des aires protégées, la plantation d'une haie champêtre constitue un geste concret en faveur de la biodiversité de proximité. A bas les thuyas, place aux essences indigènes !

Après avoir été malmenées par le remembrement, productivité agricole oblige, les haies champêtres retrouvent peu à peu leur place, y compris dans les jardins. Si le thuya et le laurier-palme dominent encore dans les nouveaux lotissements, ces "murs végétaux" méritent bel et bien d'être détrônés par une haie aux essences variées, locales qui plus est. Plus esthétique, ce type de haie s'avère aussi plus attractif pour la faune sauvage qui y trouve nourriture et abri, plus résistant aux aléas climatiques et propice à la lutte biologique.

Place aux variétés locales
Avant de choisir vos essences, observez les haies sauvages alentour pour repérer quelles espèces poussent spontanément. Première difficulté, trouver un pépiniériste qui propose de jeunes plants forestiers. Quitte à commander ces plants peu demandés, dont le prix n'excède en principe pas un euro pour 40 à 90 cm de hauteur. Bien sûr, rien n'interdit de choisir quelques espèces horticoles. Parmi les espèces recommandées : le charme, le chêne sessile (végétaux marcescents, qui ont l'avantage de garder des feuilles jusqu'en mars), le fusain d'Europe, le cornouiller sanguin, l'églantier, le noisetier, l'érable champêtre, le prunellier, l'aubépine monogyne, la viorne lantane et la viorne aubier.

Les haies et la loi
Aucune plantation n'est autorisée dans la bande de 50 cm qui longe la limite séparatrice de deux terrains contigus. Entre cette distance et jusqu'à deux mètres, seules les plantations qui ne dépassent pas deux mètres de hauteur sont autorisées. Au-delà, aucune restriction, sauf si un arrêté municipal impose des règles particulières.

Planter à l'automne
Planter une haie à l'automne est un facteur de réussite optimal. L'hiver, les plants n'ont pas besoin d'être arrosés et ils seront moins sensibles à la sécheresse l'année suivante. Au préalable, prévoyez l'implantation des différents plants sur papier, en fonction de la haie souhaitée et des floraisons attendues.

Après la plantation, taillez les deux tiers des rameaux en biseau et paillez le sol avec des feuilles mortes ou des copeaux de bois afin d'éviter la concurrence des "mauvaises herbes". La taille d'entretien s'effectue ensuite de novembre à février, deux fois par an pour une haie basse, une fois pour une haie vive.

19 nov. 2010

Quelles fleurs pour les auxiliaires

La centaurée
Robuste et sans chichi, la centaurée évoque le charme désuet des jardins de campagne. Semée au printemps, elle fleurit abondamment jusqu'au milieu de l'été sans nécessiter beaucoup d'attention et ses touffes opulentes attirent de nombreux auxiliaires utiles au jardinier. La variété la plus connue est la ‘Blue boy', d'un bleu vif inimitable, mais on peut également opter pour des mélanges mêlant rose, violine et pourpre. Les associations sont multiples, notamment en mélange champêtre avec des nielles, eschscholtzia, coquelicots et nigelles, ou avec des dahlias qui prendront le relais quand la floraison des centaurées s'essoufflera. Dans ce cas, on les repique entre les souches de dahlias.

Conseils de culture : semez clair en caissette sous châssis froid en mars-avril et repiquez en godet un mois après. Le semis en pleine terre est possible en terre légère. La mise en place se fait jusqu'en mai. Un paillage et quelques arrosages au début garantiront une belle floraison.

Le coquelicot
Couleurs claquantes en livrée des champs ou habillé de pastel pour une version adoucie, le coquelicot vit de rien et apporte sa touche éphémère au jardin. Semé en tout début de printemps au pied des murets, le long des cheminements ou entre des vivaces un peu longues à prendre leur essor, il sera le premier feu d'artifice annonciateur de l'été. L'association bleuet-coquelicot est réputée accroître l'expansion de la faune auxiliaire.

Conseils de culture : le secret de la réussite du coquelicot tient dans le semis clair en place, si le sol est léger et chaud. Ailleurs, il faudra passer par le stade de la pépinière, exercice un peu plus délicat car il craint le repiquage : ce dernier doit être réalisé avec précaution, afin de conserver intact le pivot central (la racine). Une autre possibilité consiste à semer quelques graines en godet pour ne conserver que le plant le plus fort. Après la mise en place définitive, un paillage puis... place aux fleurs !

Le cosmos
Quand nous rêvons d'opulentes floraisons estivales pour boucher le sempiternel creux de la fin des premières vivaces de mi-juillet à septembre, le cosmos arrive à la rescousse. Plante presque idéale, il apporte le dynamisme de ses fleurs roses ou violines sans réclamer trop de soins. Vous l'installerez au jardin potager pour préparer une petite réserve de fleurs à couper, avec des rudbeckias, des asters et des dahlias. En mélange avec des vivaces peu gourmandes comme les gauras, il composera des bordures longtemps fleuries. Le maintenir sec en place à l'automne garantit un garde-manger aux oiseaux qui se régaleront de ses graines.

Conseils de culture : semé début avril sous serre hors gel, il se repique à la mi-mai quand les fortes gelées auront disparu. Une exposition ensoleillée, une bonne terre de jardin et des arrosages suivis sont le gage d'une floraison prolongée jusqu'à l'automne.

L'œillet d'Inde ou tagète
Sa très longue floraison en multitude de capitules orangés et son feuillage de dentelle odorante ont fait de l'œillet d'Inde le compagnon idéal des potagers coquets. Qui mieux que lui fait le tri des insectes à la place du jardinier ? Attirant les plus utiles, repoussant les autres, il passe l'été sans piquer du nez, même en cas de fortes chaleurs. Les variétés ‘Roses d'Inde' servent à compléter les bouquets et les tagètes miniatures comme ‘Gnom' forment de ravissantes bordures, alliés aux basilics et à la camomille.

Conseils de culture : semez-le en avril sous châssis froid, en veillant à éloigner les limaces et repiquez en mai dès que les gelées sont finies. Il profitera de l'arrosage du potager et vous demandera juste d'ôter ses fleurs fanées jusqu'en septembre. L'automne venu, les chardonnerets viendront piller ses graines.

La vipérine annuelle
Jolie sauvageonne originaire du Portugal, la vipérine annuelle ou echium plantagineum se rit des restrictions d'eau et des sols médiocres. La variété ‘Bleu bedder', au bleu enchanteur, nourrit tout l'été papillons, insectes auxiliaires et pollinisateurs. Vous l'associerez aux arbustes et aux vivaces de terre sèche ; c'est également une bonne compagne pour les rosiers, dont elle assure la continuité du fleurissement.

Conseils de culture : elle se sème soit en place en terre légère en avril, soit sous serre froide en mars. Les plants se repiquent en pot individuel au stade deux vraies feuilles (en respectant le pivot), puis sont mis en place au jardin fin avril-mai. Ensuite, sa croissance se rapproche de celle de la vipérine sauvage : peu de soins nécessaires après le paillage, un arrosage occasionnel suffit. 

18 nov. 2010

La flore sauvage

L’ortie, une "mauvaise herbe" ? Et bien figurez-vous que non, pas forcément… Grâce à elle, de merveilleux papillons tels le paon du jour viendront visiter votre jardin pour s’en délecter. Voici une sélection de plantes, parmi les plus communes et les plus intéressantes pour faire venir les "bons" insectes, ceux qui vont polliniser vos fleurs et éloigner les ravageurs.

La nielle des blés
Chassée des champs à grandes rasades de désherbant, la nielle des blés (agrostemma githago) ne trouve refuge qu’au jardin.  Il faut la semer au printemps car elle se montre facile à vivre et apporte grâce et légèreté dans les massifs sans pour autant occuper beaucoup de place. Elle fleurira en juin pour accompagner les roses et opérer la transition entre la floraison des fleurs de printemps et celle des vivaces estivales. Pour vraiment aider à sa sauvegarde, choisissez la forme botanique plutôt que les sélections horticoles. A semer en place ou en godet à froid pour un repiquage en avril.

L'ortie
S'il n'y en avait qu'une au jardin, ce serait l'ortie, la meilleure des plantes sauvages, la coqueluche des jardiniers bio, des amateurs de soupes et des amoureux des papillons. Passons sur les recettes bien connues de purin d'ortie et de soupe, pour nous intéresser aux petites bêtes que l'ortie héberge. Nullement répulsive, elle nourrit un puceron noir qui ne vit que sur elle, phénomène très courant dans le règne végétal où de très nombreuses plantes ont "leur" puceron. Une aubaine pour les auxiliaires généralistes comme la coccinelle à sept points, qui s'en régale avant d'aller voir du côté des plantes cultivées si leur menu vaut le détour. L'ortie est aussi l'hôte exclusif de plusieurs papillons, parmi les plus beaux et les plus grands de nos jardins : paon du jour, vulcain, petite tortue, robert-le-diable. Elle peut même accueillir une centaine d'espèces d'insectes différentes : un véritable écosystème à elle toute seule !

L’achillée millefeuille
Très commune, cette plante sauvage se fait remarquer par ses feuilles aromatiques finement découpées et sa longue floraison, de juin à septembre. Son inflorescence plate, blanche ou rosée, est constituée de dizaines de petites fleurs semblables à des asters, de la même famille. Cette miniaturisation des fleurs constitue son principal intérêt : elle peut être butinée par de petites abeilles et guêpes, utiles pour féconder les fleurs ou manger les ravageurs des cultures. Des coléoptères comme le lepture, les syrphes et des mouches profitent aussi de cette manne, tandis que les araignées exploitent les tiges solides pour y accrocher leur toile ou y déposer leurs cocons d'œufs. En hiver, ses graines sont appréciées des oiseaux, à condition de ne pas la couper avant. Cette vivace solide s'installe spontanément dans les prairies et les pelouses un peu sèches, sur les talus, et peut facilement être transplantée dans le jardin.

Le lotier
Classé avec l’achillée parmi les meilleures plantes pour attirer les insectes auxiliaires dans les vergers et les potagers, le lotier corniculé éclate de lumière avec ses jolies fleurs jaunes tachées de rouge et ses touffes bien vertes qui se développent dans les pelouses et les prés pas trop secs. Riches en nectar, les fleurs épanouies de mai à octobre attirent de très nombreux insectes butineurs, bourdons, petites guêpes parasitoïdes, syrphes… Ses tiges et ses feuilles découpées comme le trèfle nourrissent les chenilles de bien jolis papillons dont la zygène de la filipendule, la zygène du trèfle et le lycène bleu. Vivace, il peut vivre très longtemps sur la pelouse et parmi des fleurs au soleil, à condition d’éviter les engrais azotés et de ne pas tondre trop court (moins de 6 cm).

Le lierre
Contrairement aux idées reçues, le lierre n'étouffe pas les arbres. Il ne prend de l'embonpoint que lorsque ces derniers deviennent vieux ou malades, et que leur cime arborée s'éclaircit. Vous pouvez donc le laisser grimper sur quelques arbres de votre jardin ou couvrir la terre au pied des haies, autour du potager. Les chauves-souris y trouvent un site de repos idéal. Fin octobre, ses fleurs épanouies nourrissent les derniers insectes butineurs encore présents, en particulier les auxiliaires qui s'abritent dans ses lianes enchevêtrées et son feuillage persistant. En fin d'hiver, ses fruits noirs nourrissent de nombreux oiseaux. Et à terre, son feuillage couvrant empêche la prolifération des herbes indésirables.

Le lamier pourpre
Ce proche cousin de l'ortie, qui ne pique pas, lui, vous offrira ses jolies inflorescences roses dès le début du printemps. Lors du grand nettoyage de printemps, en mars, gardez-en quelques touffes. Son pollen et son nectar sont très recherchés par les premiers butineurs : bourdons balourds encore engourdis, coccinelles et syrphes adultes en quête de protéines avant la ponte, d'où surgira une armée de petites larves mangeuses de pucerons. Vous les arracherez lorsque d'autres plantes prendront le relais, comme les pissenlits et les pâquerettes.

La véronique
La véronique, avec ses délicieuses petites fleurs d'un bleu tirant sur le violet, est un excellent couvre-sol sauvage : elle occupe rapidement l'espace, ce qui permet d'éviter la prolifération de mauvaises herbes. Ainsi sous les haies. Comme tout bon jardinier, vous avez peut-être l'habitude d'entretenir le pied de vos haies pour éviter la concurrence et stimuler la végétation. Mais ne serait-ce point en pure perte ? La nature ayant horreur du vide, elle se dépêche d'y installer de nouvelles graines. Une solution consiste à désherber sélectivement pour conserver les couvre-sols sauvages, notamment la véronique, qui ne feront pas concurrence à la haie. En compagnie d'autres couvre-sols tels la germandrée petit-chêne, le lierre, les violettes et pulmonaires, l'origan et la linaire, elle composera un tapis varié et solide qui gardera le sol perméable. Et pour ne rien gâcher, ces plantes sont de bonnes mellifères, utiles aux insectes auxiliaires !

La cardère
C'est une belle histoire que celle de la cardère des villes, un chardon autrefois cultivé : en 1989, La Hulotte, le célèbre « journal le plus lu dans les terriers » lançait un appel pour la sauver car elle disparaissait à toute vitesse de nos jardins. Les botanistes de la revue avaient retrouvé un sac de graines dans les tiroirs d'un vieux magasin de grainetier. Les jardiniers ont répondu en masse à l'appel pour en planter chez eux, puis distribuer les graines que leurs plants produisaient à leurs voisins et amis. Ce formidable élan a permis de créer 12 000 îlots conservatoires et de sauver l'espèce, qu'affectionnent particulièrement papillons et chardonnerets.